Texte de Référence   : Exode 36 v 1-7

Texte de base             : 2 Corinthiens 8 v 5

 

But :    Démontrer aux membres des églises de la Convention Baptiste d’Haïti la possibilité qu’elles ont de collaborer et de contribue à l’avancement de la CBH même en temps difficile.

 

Introduction 

            Nous vivons présentement en Haïti à un moment où toutes les institutions subissent les conséquences des problèmes socio-économiques du pays.  Ce qui était n’est plus.  Les organismes de développement, pour la plupart, ferment leur porte par manque de fonds disponibles.  Ils ne peuvent continuer à fonctionner normalement.  De temps en temps, il est question de suppression.  Les services qu’on offrait ne sont plus disponibles.  Tout est à l’agonie !

            L’Eglise de Jésus-Christ expérimente la même situation.  Les églises ne peuvent, dans certains cas, joindre les deux bouts.  De ce fait, les ouvriers de ces institutions ne peuvent avoir normalement leurs émoluments.  Par voie de conséquence, certaines missions ne sont que des fantoches.  Plus le mal envenime, plus les gens se démettent de leur responsabilité.  On est venu à pratiquer la politique de l’autruche, on se cache la tête pour ne pas voir.  Et comme on ne voit pas, on ignore, donc on est non coupable.

La Convention Baptiste d’Haïti vit actuellement une situation pareille.  Depuis des années, ses partenaires étrangers annonçaient le temps où elle devrait penser à son autosuffisance.  Cependant , jusqu’à présent, elle ne peut rien sans la volonté de ses membres, ses raisons d’être : les églises.

A la lumière de l’histoire des enfants d’Israël dans le désert rapporté en Exode 36 et l’exploit des gens des églises de la Macédoine, nous allons, dans le cas de la Convention Baptiste d’Haïti, essayer d’apporter une réponse à ce problème disproportionné.

La Convention Baptiste d’Haïti

            La Convention Baptiste d’Haïti est une association volontaire d’églises fondée en 1964.  Le but de sa création épousait l’idée d’une indigénisation poussée de l’œuvre en Haïti.  Ce fut un effort louable de la part de ces pionniers qui ont eu à l’esprit de prendre en mains la destinée de la jeune Eglise Baptiste en Haïti.

                Quand, en 1923, le Pasteur Arthur Groves WOOD arriva en Haïti comme représentant de la AMERICAN BAPTIST HOME MISSION SOCIETY, les églises qui acceptaient de collaborer avec lui totalisaient 275 personnes.  Maintenant, la CBH contient environ une centaine d’Eglises, 600 stations totalisant plus de 120.000 chrétiens baptisés et non baptisés.  A son début, elle ne comptait que 7 à 8 pasteurs, maintenant les ouvriers disponibles dépassent de loin les 100 personnes.

            De sa création à aujourd’hui, la CBH joue un rôle de régulateur très important au sein de la Communauté Haïtienne.  Elle est l’organe d’expression et de représentation des églises membres de cette grande Famille.  Elle se distingue en éducation, en développement communautaire, dans le domaine de la santé.  Elle contribue à la formation et à l’éducation de plus d’un.  Avec les moyens de bord, elle apporte sa quote part dans la réhabilitation de temples, dans la subvention de petits projets et à l’intégration totale des entités de l’église, entre autres, les leaders, la jeunesse et les femmes…

            En dépit de cet effort grandissant de la part des leaders, certains membres d’église ne sont pas encore parvenus à comprendre la  réalité de la CBH.

            La CBH n’est rien !  La CBH c’est nous, les églises membres, les leaders préparés, les jeunes, les femmes, les enfants, les pasteurs.  La CBH c’est nous, les stations éloignées et non encore bâties, c’est nous les groupes, les chorales.  Sans nous, elle n’est rien.  Sans elle, nous sommes dispersés, livrés à nous-mêmes, fragiles.  Nous serons réduits à vivre avec la peur au cœur.  Nous n’aurons pas de représentativité auprès de l’Etat, nos partenaires étrangers ne seront pas en confiance.  C’est notre union qui fait notre force, nous autres les églises et notre union donne la CBH.

L’Unité dans la diversité

            Les enfants d’Israël sortis de l’esclavage en Egypte avaient hérité de leurs anciens maîtres des bijoux (Ex.12 :35-36).  Ces trésors constituaient le salaire de ces esclaves qui ont travaillé à la construction de grandes villes pendant près de 430 ans.

            Ces biens valaient beaucoup aux yeux des Israélites.  C’étaient leur économie, la sueur de leur front, leur solution de retraite.  Les vieux qui ont sacrifié leur force, les jeunes qui ont perdu leur illusion sous les coups de l’oppresseur, voyaient dans ces lingots d’or, ces diadèmes, ces pierres précieuses, le bénéfice de leur service.  Ces richesses avaient donc une grande importance aux yeux de ces nouveaux riches.  Ils la gardaient jalousement durant toute leur marche à travers le désert.

            Voici que Moïse leur demandait maintenant de lui donner ces « espoirs » pour construire une maison au Seigneur.  En d’autres termes, ces richesses ne revenaient pas au peuple qui avait peiné mais à Dieu à Qui tout appartenait (Ps.24 :1).  Quand les Egyptiens se sont dépouillés pour se débarrasser des Israélites, les présents n’étaient pas destinés à l’usage des travailleurs mais aux besoins de Dieu.  C’était sans doute une dure réalité à avaler.

            Tel fut aussi le cas de ces églises de la Macédoine.  Cette province romaine divisée en quatre (4) districts, avait reçu le message de Christ de l’apôtre Paul.  Ce pays essentiellement agricole, comme Israël une colonie romaine, était assujetti aux Romains qui sont venus après les Grecs.  Appauvrie par plusieurs années de colonisation, la Macédoine avait besoin de tous ses vivres alimentaires pour nourrir les soldats romains et ses citoyens.  Les Chrétiens n’étaient pas riches.  Ils subissaient toutes sortes de sévices de la part de l’envahisseur.

            Cependant , quand les églises de la Judée – une colonie des Romains, et comme elle, la Macédoine n’était pas à l’abri d’un tel fléau – furent frappées par la famine, elles ont apporté leur contribution  dans  cette  grande  collecte  organisée à  ce  propos  (2 Cor.8:1-5).  L’apôtre Paul dut prendre du temps pour spécifier la valeur du geste des Macédoniens : « ils ont non seulement accueilli les délégués avec joie, sans rechigner, mais aussi ils ont donné au-delà de leur possibilité et de l’attente des dirigeants » (v.5).  Ils ont mis leur cœur dans le plateau.  Ils ne se sont pas dit : « En ville, à Jérusalem, il y a plus de travail, nous autres, pauvres paysans, nous n’allons pas nourrir les  riches des villes . »  Ou « notre église est pauvre, nous n’avons pas d’excédent budgétaire. »  Ou encore, « nous avons une construction à entreprendre, nous ne pouvons nous permettre d’être généreux. »  Non.  Ils ont ouvert leur cœur aux leaders de Jérusalem, ils n’avaient pas besoin d’autant de motivation que les Corinthiens.

            Comme eux, les Israélites au désert n’avaient pas dit : « Moïse, tu n’étais pas esclave, tu n’as jamais connu le fouet, notre or est l’héritage de nos enfants. »  Ou encore, « nous allons utiliser notre argent pour nos vieux jours .»  Ils avaient compris que cette affaire les regardait (Esd.10 :4).  Ils se disaient sans nul doute, comme nos églises de la CBH : « Quelle fierté avons-nous à construire de beaux temples quand d’autres églises soeurs ne peuvent pas avoir de pasteurs faute de subvention ? »  La CBH, c’est ça : l’Unité malgré la distance.

            Les Israélites ont donné ce qu’ils avaient de plus cher.  Tout de suite après, ils sont revenus à la case départ, pauvres mais heureux.  C’est pourquoi, plus tard, Dieu leur donnera de la richesse en abondance (Nb.31 :25-47).

 

Le sacrifice de donner

            Donner n’a jamais été facile, surtout dans le contexte où il faut contrôler les sous, survivre dans un pays dévasté.  Plusieurs facteurs entrent en jeu :

a)      On n’a pas de travail – Dans notre pays, une minorité de gens  travaillent normalement (36%).  Une autre catégorie se déplace chaque jour d’un lieu à un autre pour « travailler », mais ce qu’ils gagnent ne suffit même pas pour couvrir les frais de transport.  Nos églises sont remplies de ces genres de personnes.  Nos jeunes n’ont presque pas d’activités lucratives.  Certains étudient sans l’espoir d’un emploi.  Les orphelins sont à la charge de la maigre entrée de l’église.  Les veuves n’ont aucun programme à leur intention.  Face à cette situation, on a envie de donner mais on n’a rien à donner.  On a peur de donner, on n’a pas assez.  On ne peut pas donner, on n’a rien à donner.  Cette situation est le lot de toutes les églises.

 

b)      On n’est pas informé  Chaque fois qu’il est question de donner, une large part de l’église opte pour l’ignorance : « Nous n’étions pas informés », disent-ils.  Ces gens sont indignés parce qu’on ne leur avait pas parlé.  On n’a pas besoin d’avoir les oreilles rabattues pour donner.  Il faut savoir que, si moi je ne le fais pas, l’autre aussi peut ne pas le faire.  Si je ne suis pas informé, l’autre l’est moins.  Si on n’a jamais tenu ce discours dans mon  église, l’église soeur ne le fait pas non plus.

 

c)      On n’a pas confiance     On ne donne pas parfois parce qu’on n’a pas confiance dans le projet, dans l’institution.  C’est courant aujourd’hui pour des gens de ramasser des fonds qui ne seront jamais utilisés à l’usage de la demande.  L’or demandé par Moïse aux enfants d’Israël a été utilisé dans la construction du tabernacle et de ses ustensiles.  Les donateurs ont vue de leurs yeux comment ont été utilisés leurs offrandes.  L’argent collecté en Macédoine a été utilisé pour subvenir aux besoins des Chrétiens de la Judée.  Ils ont remercié leurs frères de la Macédoine.  A quoi va-t-on utiliser mon argent, l’argent que la Convention me demande ?  Il faut spécifier d’abord que la Convention n’a pas besoin que de votre argent.  Elle a besoin d’abord de Vous.  A quoi servirait tout l’or du monde si les églises de la CBH ne tenaient plus compte de cette Institution ?  A quoi serviraient les millions gardés en banque si la CBH n’existe plus ?  On a besoin de vous d’abord, ensuite on a besoin de votre argent.  Votre argent ne servira pas à construire uniquement des buildings ni non plus à financer les voyages des membres du Comité.  Votre argent servira de primes de Retraite aux Pasteurs qui travaillent ou qui ont travaillé   avec vous sans vous gruger (Héb.13 :11).  Cet argent sera utilisé pour financer des projets de développement qui seront utiles à votre église, à vous-mêmes et pourquoi pas pour donner du travail  à vos enfants.  Si vous avez confiance en la CBH pour former vos Pasteurs et pour vous aider à trouver un berger, pourquoi ne pas avoir confiance aussi en ces gens que vous avez choisis pour gérer cette petite contribution que vous daignerez accorder à la CBH ?

 

 

Conclusion

            Depuis longtemps, la CBH a dépassé de loin l’espérance des pionniers.  Les leaders de ses églises sont des Haïtiens utilisant la langue du pays.  Des églises sont bâties un peu partout à travers le pays.  Les membres se comptent par milliers.  Ceptndant, les églises restent des églises faibles économiquement, les membres ne connaissent pas leur devoir ou du moins, ne veulent pas remplir leur devoir.  Imaginez un instant la CBH avec ses 120.000 membres environ recevant chaque année un dollar ($1) de chaque membre.  Réfléchissez sur les progrès qui seront réalisés qui s’effectueront, la fierté que nous tirerons quand nous aurons reçu du Bureau Exécutif cette note de remerciement qui stipulerait : « Non seulement vous nous avez donné bon accueil, mais aussi vous avez donné au-delà de ce que nous imaginions. »