P-au-P, 23 nov. 2011[AlterPresse] ----« On s’interroge sur la volonté réelle du pouvoir d’accompagner l’UEH et de construire la principale université du pays : l’université d’Etat. Depuis quelques temps, on n’a aucune réaction [de l’Etat] par rapport à ce campus. Il est vrai que les responsables publics ne s’en soucient guère ».

C’est en ces termes que le recteur de l’université d’État d’Haïti, l’ingénieur-agronome Jean Vernet Henry, dénonce, à l’agence en ligne AlterPresse, l’insouciance de l’État haïtien dans le cadre du projet de construction du campus universitaire de cette institution publique.

Ce projet de construction du campus de l’Université d’État d’Haïti a été soumis au gouvernement de Jean Max Bellerive, premier ministre sous la présidence de René Garcia Préval, et à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (Cirh).

Il visait à regrouper dans un même espace (le site de Damien, à Croix-des-Missions-Nord) les onze entités de l’Université d’État d’Haïti.

Par rapport à ce projet, « Nous n’avons eu aucune réaction, même pas d’accusé de réception de la part du premier ministre, Jean Max Bellerive et de ses ministres. Jusqu’à présent, nous n’avons aucune réponse du côté du gouvernement [actuel] », se désole Henry.

Le rectorat avait aussi présenté en février dernier le projet à la Cirh. Mais aucune réponse concrète n’a été non plus trouvée.

La construction du campus de l’Université d’État d’Haïti aurait permis de la doter d’une structure de fonctionnement normale, selon l’ingénieur-agronome qui critique l’État de ne s’être pas penché sur ce problème alors que 80% des bâtiments de ce centre universitaire public ont été détruits par le séisme du 12 janvier 2010.

L’avant projet de construction de ce campus est évalué à 100 millions de dollars, informe le recteur tout en déplorant que quatre milliard de dollars ont été dépensés dans le pays après le séisme.

Le professeur Henry annonce que le rectorat qui a travaillé sur l’avant projet cherche toujours des fonds pour financer la construction du campus et se propose de faire un appel d’offres et les études détaillées.

« Il est temps que les gens [autorités] comprennent l’importance de l’Université d’État d’Haïti pour le pays où la majorité de ses cadres y travaillent. C’est la seule institution publique d’enseignement supérieur qui est présente à Port-au-Prince et dans sept villes de province du pays », fait savoir le recteur Jean Vernet Henry.

Dernièrement, le conseil de coordination de l’université d’État d’Haïti s’en est pris, dans une note, à l’État, en l’appelant à prendre ses responsabilités qui consistent dans le financement de cette institution publique en vue d’augmenter ses budgets de fonctionnement et d’investissements.

Il a aussi fait état de la dégradation des conditions de fonctionnement des différentes entités, causée principalement par le maigre budget alloué à celles-ci. [emb kft gp apr 23/11/2011 14:20]