Port-au-Prince, le 18 décembre 2011 - (AHP) -Le vice-recteur sortant à la recherche de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Fritz Deshommes a révélé samedi que le projet  de  construction de l’Université « Roi Henri Christophe »  à Limonade (nord), a fait l’objet de main mise de la part de politiciens haïtiens et des dominicains  qui le financent.

Candidat à sa succession aux élections pour le renouvellement du conseil exécutif de l’UEH prévues le 3 février 2012, M Deshommes a indiqué que le rectorat de l’UEH a été, à un certain moment, totalement écarté des démarches de la construction de cette nouvelle entité de l’UEH. 

Il a expliqué que le choix de la région nord pour l’implantation de ce campus, a été fait par le rectorat et se situe dans le cadre d’un plan stratégique d’action visant à décentraliser la formation universitaire. 

Présentant la gestion de l’Université d'Etat d'Haïti comme une lutte permanente.Fritz Deshommes a fait savoir qu'il  a fallu se battre pour convaincre les présidents  haïtien et dominicain René Préval et Léonel Fernández d' agréer cette proposition », déplorant au passage  la sous- exploitation  du terrain des 30 hectares consacrés au campus..  

Des capois ont récemment dénoncé l’utilisation peu rationnelle du site dédié à cette université dont l’inauguration est prévue le 12 janvier. Des membres du conseil de l’université se sont plaints, quant à eux de l’opacité  des démarches entourant cette construction.

 « Nous ne sommes même pas au courant des prévisions concernant les filières de formation, a déclaré un professeur de la Faculté des Sciences Humaines.


A ce sujet, le  vice recteur a  informé que le conseil exécutif de l’UEH a commandité une étude sur les besoins de développement de la région Nord. « C’est sur la base de cette étude que nous déciderons  des formations à offrir », a-t-il souligné, rappelant que le développement de l’université doit répondre aux nécessités de développement des régions du pays.

L’université Roi Henri Christophe ouvrira ses portes à partir du mois d’octobre 2012, selon le vice-recteur Deshommes qui n’a pas écarté la possibilité que des activités « marginales » soient organisées sur le campus, entretemps. 

La grande majorité des onze entités de l’université d’Etat d’Haïti à Port-au-Prince  fonctionne dans des conditions déplorables près de deux ans après  le séisme de janvier 2010 qui a couté la vie de très nombreux étudiants, professeurs et autres membres  de son personnel d’administration et détruit ou gravement endommagé leurs bâtiments.