Réflexions sur l'éducation des enfants
Jean-Christophe et Christophe Frédéric Blumhardt

Dans ce petit livre, deux pères (eux-mêmes un père et son fils) partagent leurs réflexions sur l'essence de l'éducation des enfants. Les deux vivaient en Allemagne à une époque où les parents et les enseignants avaient tendance d'être trop stricte, et nous vivons à une époque où ils ont tendance à être très indulgent. Tout de même, il y a beaucoup dans ce qu'ils disent qui est intemporelle.

Jean-Christophe Blumhardt (1805-1880) étudia la théologie à Tübingen et devint pasteur. Il avait envie de faire l'expérience de la réalité de Dieu, ce qu'il fit d'une manière très concrète, quand il osa entreprendre une intense bataille de deux ans (1842-1844) avec les puissances démoniaques qui possédaient une jeune fille tourmentée dans sa congrégation à Möttlingen. Comme au temps du Nouveau Testament, les démons furent chassés, et la jeune fille fut guérie. Et dans toute l'Allemagne, Möttlingen était connu par la devise qui exprima la joie de ses habitants : « Jésus est vainqueur. »

Dans les mois qui suivirent, un mouvement de repentance et de conversion se diffusa bien au-delà de sa paroisse, et de nombreuses autres personnes furent guéries de maladies physiques. Tant de personnes sont venues à lui qu'en 1852 il estima qu'il devait quitter Möttlingen, où il avait travaillé avec sa femme depuis quatorze ans (1838 à 1852), et passer à la grande et imposante station thermale à Bad Boll. Comme père de maisonnée là-bas, il a pu continuer son travail croissant du soin des milliers de malades, de blessés et d'âmes chargées de péché qui venaient à lui.

Le fils de Jean-Christophe Blumhardt, Christophe Frédéric (1842-1919), fut élevé dans cette atmosphère d'attente et de la réalité de la présence de Dieu. Lui aussi étudia la théologie à Tübingen, puis retourna à Bad Boll en 1869 pour aider son père. En 1880, le Père Blumhardt est mort, et son fils poursuivit le pastorat de son père avec des dons semblables. Il suivit si bien les traces de son père que le témoignage qu'il donna à Jésus et le Royaume de Dieu est un seul et même.

Christophe Frédéric vit que les chrétiens déformaient l'espérance biblique du Royaume de Dieu sur cette terre en une récompense personnelle aux cieux. Il prit une position tranchante contre cet égoïsme religieux et proclama l'amour de Dieu pour le monde entier. Il vit que la guérison en elle-même fut un autre grand danger qui menace la vraie livraison de soi à la volonté de Dieu, et c'est pourquoi il finit par abandonner la guérison des malades. Dans une lettre il écrivit : « Ne mettez pas votre regard sur vous-mêmes et toutes vos souffrances. Regardez la souffrance de Dieu, dont le Royaume a été retardé pendant si longtemps en raison de l'esprit de mensonge de l'humanité. »

L'atmosphère dans la maison à Bad Boll est décrite par un invité qui rendit visite en 1852, peu après que le Père Blumhardt y a emménagé avec sa famille : « Un esprit de fraîcheur et de joie souffle partout dans cette maison, un esprit qui donne une image vivante de ce qu'est la paix de Dieu, la paix qui surpasse toute connaissance. Il pénètre tout, la pratique et le spirituel, l'important ou l'insignifiant. Cette atmosphère touche l'âme comme l'air frais des montagnes touche le corps. »

Quel endroit pour les enfants !