Elites et médias dans la transition d'Haïti vers la démocratie. (Première partie)
Une critique de la société née au lendemain de 7 février 1986.

Tout être raisonnable doit agir comme s'il était toujours, par ses maximes, un membre législateur dans le règne universel des fins. (Emmanuel KANT)


Haïti: Par Emmanuel JEAN-FRANÇOIS

Dans le contexte global des nouvelles donnes de la politique internationale, mais surtout sous pression sociopolitique interne dont le souvenir est une douce nostalgie en raison de la mobilisation intense des forces sociales du pays à cette époque, tant sur le terrain du militantisme politique que sur celui de l'art, notamment le théâtre, l'ancien président à vie d'Haïti, Jean-Claude Duvalier, s'est vu contraint, le 7 février 1986, bien avant l'aube, de partir pour l'exil. Ayant succédé à son père qui passa 14 ans au pouvoir, donc un peu moins d'une année que le temps de son règne lui-même, c'est toute une tranche d'histoire de la République qui prit fin avec la chute d'un régime qui, durant 29 ans, épousa graduellement toutes les formes et toutes les caractéristiques d'un système totalitaire.

Le moment d'euphorie populaire qui s'ensuivit coïncida avec celui du déchaînement des espoirs. De tous les espoirs ! Tous les rêves étaient permis. La citoyenneté debout, savourant sa victoire, prenant de plus en plus conscience de ses immenses responsabilités historiques vis-à-vis des générations futures, scella, avec le nouvel Etat, dans la Constitution du 29 Mars 1987, un pacte de rupture définitive avec les forces obscurantistes du passé.

De cette rupture, il importe de souligner d'entrée de jeu que l'Etat nouveau-né appelle à son fondement les valeurs du système de la démocratie républicaine. De fait, il se dote d'institutions sociales et politiques supposées capables de le rendre opérationnel par rapport aux missions qui lui sont confiées. La création d'institutions sociales comme, entre autres, l'Office de protection du citoyen, la révision de certaines institutions politiques telles que le Parlement, l'étendue de ses pouvoirs et son articulation avec l'Exécutif devenu bicéphale, sont des exemples concrets qui témoignent, du même coup, du régime politique choisi.

Des nombreuses libertés proclamées par la Charte fondamentale, desquelles découlent des droits mais aussi des devoirs, celle de la presse(1) revêt une double importance, l'une historique et l'autre fonctionnelle. Historique du fait que, premièrement, par tradition et par essence, les régimes dictatoriaux, et dans leur version limite, soit le totalitarisme, n'admettent pas la libre circulation de l'opinion au niveau de la société. La seule opinion qui doit traverser tous les esprits est celle du pouvoir politique en place. Par la propagande et par la terreur, cette opinion doit être prise et usée pour une vérité tellement absolue qu'elle n'a rien à envier à celle diffusée par la religion.

Deuxièmement, les journalistes ont connu des moments vraiment ténébreux dans l'exercice de leur profession. Si l'affaire Félix Darfour sous Jean-Pierre Boyer reste le premier cas haïtien de persécution déclarée de la presse, les journalistes de radio Haïti-inter, arrêtés illégalement le 28 novembre 1980, portent encore, en leur âme aussi bien que dans leur chair, les cicatrices d'une période très sombre de l'histoire nationale.

Nous disons que cette importance est également fonctionnelle parce que la démocratie est un système politique d'opinion. Dit d'une autre manière, c'est l'échange rationnel des points de vue qui fait fonctionner le moteur de la machine démocratique. En ce sens, à aucun groupe du corps social, pour organisé qu'il soit, n'est accordé le privilège de détenir le monopole de l'opinion. Toutes les opinions se valent (argument que récuse Pierre Bourdieu(2) dans son étude sur les sondages) puisque l'humanité est ici considérée comme un projet sans cesse en nécessité de réévaluation. C'est la raison fondée sur des arguments massue, qui doit désormais triompher, et non la volonté capricieuse personnelle d'un homme, d'un groupe d'hommes ou d'un parti. Ceci est une révolution. Vous n'êtes pas d'accord ? Nous allons vous dire pourquoi.

Une révolution pour deux raisons. La première engendrant la seconde. En recouvrant sa liberté, la presse se voit assignée la plus délicate tâche, à l'époque contemporaine, dans la construction du processus vers la démocratie : servir de relai de l'opinion publique qui, dans sa définition même, nous le verrons plus loin, suppose un élan critique envers tout ce qui concerne l'Etat et la société. L'épanouissement d'une opinion publique, qui se doit d'être éclairée, donc éduquée, pour reprendre Gaston Bouthoul, entraîne automatiquement la constitution d'un espace public. Cette notion d'espace public, sur laquelle nous reviendrons aussi, indispensable à l'éclosion des idéaux de progrès répandus par les vainqueurs de 1986, devenant de plus en plus complexe à cause du développement sans précédent des moyens de communication de masse, est la véritable arène où viennent se débattre les principaux sujets d'intérêt général.

Par là, le renversement de premier plan que nous nommons « Révolution » est opéré : l'opinion, déchue de son statut de vérité (absolue) et de chasse gardée du pouvoir, dans l'ancien ordre, devient, non seulement la condition nécessaire d'existence et de fonctionnement du nouvel ordre en passe d'instauration (d'où le développement d'une opinion publique et de son corollaire l'espace public constitué), mais aussi un droit légitimement reconnu à tous les citoyens indistinctement. Ce qui traduirait la devise « liberté, égalité, donc, nécessairement, fraternité au sens de solidarité et d'harmonie sociale, sous l'égide salutaire du respect mutuel ». En effet, s'il y a quelque art dans lequel l'homme excelle, c'est dans celui d'imaginer les termes adéquats pour exprimer exactement le contraire de ce qu'il aurait l'intention de faire.

La démocratie, en théorie, tire son fondement là. Pour son état civil, c'est dans la Grèce antique, précisément à Athènes, qu'il nous faut remonter, au Ve siècle av. J-C, au temps de Périclès, pour prendre acte de la première forme de démocratie directe de l'histoire de l'humanité. Notre premier symbole d'espace public en Occident, c'est l'agora, cette place publique grecque où les citoyens libres (les femmes, les esclaves et les étrangers n'avaient pas ce statut) étaient invités à venir débattre des affaires intéressant le gouvernement de la Cité.

En brisant les chaînes de la dictature, accédant ainsi à une nouvelle ère de responsabilités politiques, le peuple haïtien a donc pris, par la proclamation de la Constitution de 1987, le chemin qui conduit à la démocratie. Si nous comprenons bien, jusqu'ici, dans la mesure où nous ne nous sommes pas trompés dans notre démarche, la route vers la démocratie n'est pas la démocratie. Ce qui signifie clairement qu'en 1986, nous n'avons fait qu'engager la voie d'une transition vers notre objectif. En fait, Pierre-Raymond Dumas, questionnant les revers et les soubresauts de cette interminable marche, a publié plusieurs ouvrages, éclairant à de nombreux égards, sous le titre évocateur : ''Cette transition qui n'en finit pas''. Et Gérard Latortue, ancien Premier ministre entre mars 2004 et mai 2006, de lâcher cette fameuse phrase de l'espoir, phrase qui à elle seule résumerait plus de deux décennies d'histoire de la République : « Il faut que cette transition mette fin à la transition ».

Aujourd'hui, 23 ans plus tard, l'espace d'une génération environ, où en sommes- nous ? Sommes-nous plus près ? Où sommes-nous au contraire plus loin tandis que les temps s'écoulent vite ? Avons-nous effectivement créé et consolidé les institutions qui doivent faciliter le passage à notre but ? En clair, quel bilan dresser de cette décadence morale qui frappe jusqu'à la mort presque toutes les institutions de l'Etat et de la société civile ? Si bien que le désarroi et l'angoisse populaires qui en découlent ont tendance à donner raison à l'ancien ordre. Maintenant que la tête des leaders des partis politiques, indispensables au fonctionnement et au renouvellement de la démocratie, est mise à prix à grand renfort de discrédit dans l'opinion, que faire ? Notre jeunesse, en panne de modèle, se moquant de tout, grandit sans avenir. D'aucuns arrivent même à dire de cette génération qu'elle est perdue. L'heure est grave et est aux grandes interrogations. Continuer >




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La génération du Bicentenaire de l'indépendance à laquelle j'appartiens doit prendre son courage à deux bras en vue d'un diagnostic sérieux de la situation catastrophique que traverse le pays actuellement. Elle doit avoir le sens du sacrifice en affrontant les plus dures réalités de notre existence de peuple, et les dévoiler telles quelles, afin d'en dégager des perspectives. Car, des démences qui nous guettent, la pire consiste à croire que nous sommes dans une démocratie du seul fait de la liberté de la presse et du droit reconnu à tous d'une opinion affranchie des interdits politiques de l'ancienne époque. Devons-nous rappeler, encore une fois, que nous ne sommes pas encore dans une démocratie, mais plutôt dans une période transitoire vers cette dernière. Ainsi, en pareil cas, l'autorité et le pouvoir sont partout et nulle part; c'est-à-dire, les valeurs de l'ordre ancien étant rejetées, celles de l'ordre nouveau doivent être inaugurées et apprises. Cependant, à l'opposé de ce qu'on peut couramment penser, cette inauguration-apprentissage prend du temps, parce qu'il s'agit de principes et de règles qui doivent diriger une communauté sociale d'hommes et de femmes déjà familiers à des pratiques et à des modes de vie s'étalant sur plus d'un siècle. Elle requiert d'autant plus de temps que le niveau moyen d'éducation du peuple est bas. La question alors que poserait tout individu sensé demeure ceci : Dans une période de transition, à qui est confiée la mission de procéder à l'inauguration-apprentissage des nouvelles valeurs ? Et comment y parvenir ? Notre article se veut une tentative de réponse à ces interrogations vitales pour l'avenir de notre chère Haïti.

Qu'est-ce qu'une transition ?

Du latin « transitionem, de transirer » qui signifie passer (voyage), une transition est le passage d'un état à un autre. On voit bien dans l'origine étymologique l'idée de laisser un lieu pour aller dans un autre. C'est aussi une manière de passer d'une idée à une autre, de lier les différentes parties d'un ouvrage, d'un discours... En résumé, au sens figuré, tout moment qui consiste à remettre en question les acquis d'un système de représentations pour en arriver à un autre. Dans le cas qui nous concerne ici, il s'agit de passer d'un ordre dictatorial extrême à un autre dit démocratique. Il nous revient alors naturellement d'approcher le concept de démocratie.

La démocratie

Aborder de fond en comble le concept de démocratie n'est pas une entreprise aisée. Ceci ne serait pas non plus possible dans un article de journal. La notion, probablement apparue chez Hérodote, vient de deux mots grecs : « demos », peuple, et « kratos », pouvoir. Ainsi que l'a démontré Robert Dahl, dans « De la démocratie (3)», cette forme de gouvernement des Etats où l'opinion tient une place centrale, a été plus d'une fois réinventée. Il y a autant de formes de gouvernements démocratiques qu'il y a de théories sur ce type de pouvoir dont l'exercice et le contrôle sont entre les mains du peuple. D'après Dahl, l'histoire de la démocratie ressemblerait plutôt au cheminement d'un voyageur traversant une étendue désertique, plate et presque sans fin, coupée de quelques rares collines, jusqu'à ce que le sentier aborde enfin sa longue montée jusqu'aux sommets qu'il a aujourd'hui atteints. Ainsi, au fil de notre travail, nous retiendrons et nous questionnerons ledit concept dans ce qu'il renferme de plus fondamental : système de libre opinion favorisant a priori une participation égale de tous les citoyens aux décisions engageant leur destin commun en société. Car là que résident tous les problèmes inhérents à la période transitoire haïtienne. Les forces sociopolitiques victorieuses de 1986 prirent le soin d'aménager, dans la Constitution de 1987, des institutions sociales et politiques se réclamant des valeurs républicaines, lesquelles, devant organiser le nouveau mode de vie au sein de la communauté nationale, proclamèrent en choeur les libertés individuelles. La liberté de la presse, si elle est la cristallisation du sens et de l'essence de cette révolution dont nous avons avancé les raisons en haut, elle demeure aussi l'outil qui, inhabilement manié, devient la source de nombreux écueils sur le long chemin vers la démocratie.

L'opinion publique

Définir l'opinion publique exige de nombreuses acrobaties, tant cette notion a gagné en complexité au cours du dernier siècle. Elle est d'abord une opinion, c'est-à-dire située entre l'erreur et la vérité. Nonobstant, toute opinion n'est pas une opinion publique. Ce que nous verrons. Les deux termes s'emploient pourtant et très souvent l'un à la place de l'autre. Toutefois, esquissons en une brève historique, avant de considérer la définition que propose Georges Burdeau.

Sous la plume de Malesherbes et de Condorcet, ladite notion émerge au siècle des Lumières et désigne une nouvelle culture politique qui « transfère le siège de l'autorité du seul vouloir du Roi, décidant sans appel et en secret, au jugement d'une entité qui ne s'incarne en aucune institution, qui débat publiquement et qui est plus souveraine que le souverain(4) ».

Pour Georges Burdeau, « l'opinion publique est une force sociale résultant de la similitude de jugements portés sur certains sujets par une pluralité d'individus et qui s'extériorise dans la mesure où elle prend conscience d'elle-même » (5).

Cette définition apportée par Burdeau, très simple, il est vrai, permet de souligner trois traits caractéristiques essentiels dans la formation de l'opinion publique : elle est le produit d'un auditoire particulier (un public), elle est une opinion partagée par un grand nombre d'individus, donc commune, enfin elle est portée à la connaissance de tous et soumise au jugement de tous, d'où elle est devenue publique.

Arrêtons-nous un instant. Une opinion n'est pas publique parce qu'elle est rendue publique par quelque médium que ce soit, mais du fait qu'elle exige d'abord l'existence au moins spirituelle d'un public (capacité de jugement évoquée aussi bien par Malesherbes et Condorcet que par Burdeau), et non d'une foule. C'est ce qu'a éloquemment démontré Gabriel Tarde dans un texte majeur, soit « L'opinion et la foule » (6).

Cet aspect doit retenir notre attention. Il est clair qu'en distinguant entre public et foule, c'est-à-dire entre capacité de jugement (rationnel) et sentiment, nous sommes à même de saisir que l'opinion publique nécessite, pour son plein épanouissement, un certain niveau d'éducation et de culture des citoyens qui décident de s'y verser. C'est un débat critique. D'ordinaire, en fonction du contexte de sa naissance durant le XVIIIe siècle, l'opinion publique n'est pas préoccupée des sujets d'ordre privé, à moins qu'ils aient ou puissent avoir un impact sur le reste de la société.
N'importe qui, sous prétexte de liberté de la parole, ne saurait émettre des opinions à l'emporte-pièce, sur des sujets sensibles de la vie nationale. Est-ce pourquoi, à ses débuts, elle excluait le gros peuple (incapable de produire des jugements).

Il convient de nous mettre d'accord, par voie de conséquence, que l'opinion publique ne se résume pas aux sondages, encore moins aux analyses qui en sont tirées par les sondeurs et par les journalistes. Car elle n'est pas l'agrégation d'opinions privées, ni la manifestation de simples croyances. C'est le résultat d'une élaboration concertée des points de vue, d'une confrontation négociée et sans cesse renouvelée. Par elle, nous construisons chaque jour notre vie commune. Notre représentation du monde et notre prise sur le réel (notre vécu), bref notre histoire ô combien extraordinairement aventureuse passent par là.

L'espace public

L'espace public est le résultat d'un mouvement d'émancipation, au siècle dominé par Voltaire et par Rousseau, qui poursuit des objectifs de valorisation de la liberté individuelle, de favoriser la libre expression des opinions, et qui permet à des acteurs politiques, sociaux, culturels, religieux, de dialoguer, de s'opposer, de se répondre aux yeux de tous. Les cafés, les clubs, les salons, les périodiques offrirent un cadre approprié à cet espace où se diffuse l'opinion publique.

Selon Jürgen Habermas, il se définit « politiquement comme un espace de discussion soustrait à l'emprise de l'Etat et critique à son égard, sociologiquement comme différent de la cour (proche de l'Etat) et du peuple (exclu du débat critique) » (7) . D'où son concept de sphère publique bourgeoise. Il désigne également aujourd'hui, en ce début du XXIe siècle, l'ensemble des scènes et des arènes plus ou moins institutionnalisées où l'on débat des enjeux du moment. La presse, en général, et aussi l'internet constituent présentement des vecteurs essentiels de propagation des jugements émanant de l'opinion. Ces dispositifs communicationnels sont gérés par des médiateurs dont les chefs d'entreprise, les journalistes, les responsables de communication deviennent de plus en plus puissants qu'ils ont désormais en main une énorme marge de manoeuvre dans la diffusion et dans l'orientation de l'opinion.

Fort de cette vue panoramique autour du terme de transition, des notions d'opinion publique et d'espace public, du concept de démocratie qui en tire son fondement et qui veut continuer à y asseoir sa légitimité, nous avons maintenant à notre disposition un ensemble d'éléments nécessaires nous permettant d'argumenter la réponse à la première question. A savoir, qui, au sein de la société, dans une transition politique vers la démocratie, doit procéder à l'inauguration-apprentissage des nouvelles valeurs ?

A suivre...




Notes:
(1) A son origine, ce terme fut utilisé pour désigner les journaux imprimés. Aujourd'hui, il est employé dans un sens très vaste englobant les périodiques (quotidiens, hebdomadaires, mensuels...), la radio, la télévision, les revues, les livres, l'internet... Nous nous intéressons à son deuxième emploi. Nous préciserons les nuances qui s'imposent dans la publication des autres parties de notre texte.
(2) Voir Pierre BOURDIEU, « L'opinion publique n'existe pas » in Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1980, p.224.
(3) Robert DAHL, De la démocratie, Nouveaux Horizons, 2001, pour l'édition française
(4) Roger CHARTIER, « Espace public et opinion publique », in Les origines culturelles de la Révolution française, Paris, Le Seuil, 1ère édition, 1990, Coll. « Points », 2000, p.51
(5) Georges BURDEAU, « L'opinion publique », Encyclopedia Universalis, édition 1990. A compléter par le recueil de textes publiés par Jean-Gustave PADIOLEAU, « L'opinion publique, examen critique, nouvelles directions », Paris, Mouton, EHESS, 1981
(6) Voir Gabriel TARDE, L'opinion et la foule, Paris, PUF (1ère édition 1901), 1989

Le lecteur comprendra que, dans la démarche qui a été la nôtre en abordant la première partie de cet article, notre intention n'a pas visé de museler l'oeuvre colossale de Gustave LEBON dans sa « Psychologie des foules ». Mais plutôt de délimiter le terrain de l'opinion entre, d'une part, les jugements (rationnels) qu'exige l'aventure démocratique et, d'autre part, les points de vue empreints de sentiment reprochés aux foules. Ainsi, Gustave LEBON aura le génie de monter que, du point de vue de la manipulation, les foules sont maîtrisables, en dépit de certaines réalités. Ceci nous sera utile en adressant la parole aux élites politiques dans la deuxième partie.
(7) Jürgen HABERMAS, L'Espace public, Paris, Payot, 1ère édition, 1962, p.61

Emmanuel JEAN-FRANÇOIS
Email : emjef2@yahoo.fr
Tél : (509) 3610-7414