Un conseil d’avocats a été constitué par la famille de Brignol Lindor, en prélude au dixième anniversaire de l’assassinat du journaliste de radio Echo 2000, pour relancer le dossier censé classer par la justice de Petit-Goave. Une série d’activités seront organisées, ce 3 décembre, pour honorer la mémoire du journaliste dans sa ville natale.

P-au-P., 2 déc. 2011 [AlterPresse] --- Les deux seuls coupables emprisonnés dans l’assassinat le 3 décembre 2001 du journaliste Brignol Lindor se sont évadés à la faveur du tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Huit autres personnes condamnées par contumace par un tribunal de Petit-Goave, en 2007, sont toujours égarées dans la nature, se lamente Moreno Lindor, frère du journaliste tué, en plein jour, à Acul, localité de Petit-Goâve, par des membres de la bande armée « Dômi nan bwa » (dormir dans le bois).

« Le nouveau président d’Haïti, Joseph Michel Martelly a toujours prôné le changement tout au cours de sa campagne. Il doit envoyer aujourd’hui un signal clair à partir des cas symboles comme celui de l’assassinat de Brignol Lindor pour rompre avec le règne de l’impunité dans le pays », a déclaré Moreno Lindor qui s’exprimait lors d’une conférence de presse au Centre opérationnel des médias.

Moreno Lindor et les trois sœurs de Brignol Lindor refugiés en France depuis l’assassinat du 3 décembre 2001reviennenent en Haïti, cette semaine, pour relancer le dossier qui traine au niveau de la justice haïtienne et honorer la mémoire de leur frère.

La famille Lindor aidée par Reporters sans frontières engage trois avocats, notamment Aviol Fleurant, Stanley Gaston et Deus Jean-François pour demander à la justice haïtienne de relancer le dossier. La famille Lindor exige : « la nomination d’un juge ; l’interrogatoire de tous les suspects y compris les éventuels auteurs intellectuels du crime et un procès équitable. »

Les dix personnes condamnées, toutes en cavale, n’étaient que des exécutantes, a jugé Moreno Lindor qui n’est pas prêt à dédouaner l’ex-député Wilford Milord et les anciens maires Emmanuel Antoine et Dumay Bony dans l’assassinant de son frère.

Maire adjoint sous la deuxième présidence de Jean-Bertrand Aristide, Dumay Bony qui prônait « zéro tolérance » contre le journaliste de radio Echo 2000, a rappelé Lindor.

Le secrétaire général de SOS Journalistes, Joseph Guyler C. Delva qui se trouvait sur la table de conférence a demandé aux journalistes haïtiens de se montrer plus solidaires pour que l’assassinat de Brignol Lindor ne reste pas impuni. « C’est notre cause », s’exclame Delva qui s’adressait aux journalistes.

SOS Journalistes, dit-il, mettra un autobus à la disposition des confrères qui veulent se rendre à Petit-Goave dans la mâtiné du 3 décembre prochain. Une messe sera chantée à l’Eglise Notre-Dame en mémoire de Brignol Lindor. Une marche pacifique partira de l’église pour se rendre à Acul, lieu du crime. Un monument érigé par la famille pour perpétuer la mémoire de Brignol Lindor sera dévoilé le même jour.